Diaspora camerounaise de France, revenez investir au Cameroun !

Message poignant adressé par le président du GICAM à des membres de la diaspora camerounaise de France jeudi 1er février dernier, en annonçant quelques facilités pour eux dans leur intégration au Groupement.

Aux côtés de l’ambassadeur du Cameroun en France, Samuel Mvondo Ayolo et entouré du président de la commission « Affaires internationales et relations avec la Diaspora », Pierre Kam, de la présidente de la commission « Economie numérique », Reine Essobmadje et du secrétaire exécutif, Alain Blaise Batongué, le président Célestin Tawamba n’a pas caché son émotion en parlant à une soixantaine de chefs d’entreprise camerounais basés en France, à l’hôtel Sofitel Arc de Triomphe de Paris jeudi le 1er février dernier : « Le moment est solennel, historique, n’en doutons pas ; et je ne puis que louer le Seigneur de nous offrir une telle opportunité d’échanges. A vous tous, hommes d’affaires membres de la diaspora camerounaise, acteurs décisifs ou intéressés du monde de l’entreprise en relation avec le Cameroun, merci d’être venus si nombreux, délaissant vos occupations quotidiennes et partant parfois de très loin de Paris, pour nous honorer de votre présence. Trouvez dans cette modeste adresse et dans les échanges qui suivront, le très sincère témoignage de l’infinie reconnaissance du GICAM, tant cette rencontre et, surtout, vos contributions nous semblent importantes pour la promotion des affaires au Cameroun. »

Le président a ensuite fait part de son expérience personnelle : ancien membre de la diaspora ayant fait ses études supérieures à Paris et à Lyon, ayant pris le risque de rentrer au pays. Après plusieurs expériences diverses, il s’est dit fier d’être aujourd’hui à la tête d’une holding de plusieurs entreprises : 1200 employés et 50 milliards de chiffre d’affaires cumulé…

Célestin Tawamba le reconnaît volontiers : « Il ne faut pas se le cacher, la situation économique actuelle du Cameroun n’est guère des plus roses. Entre le nouveau programme économique et financier avec le FMI depuis juin 2017, conséquence de la diminution des recettes publiques résultant de la baisse des cours du baril du pétrole, ainsi que des principales matières premières agricoles ces dernières années et l’impact négatif sur le budget de l’Etat des crises sécuritaires que traverse le Cameroun depuis 2014, il est normal que les IDE diminuent, à l’analyse du facteur « Risques ». Je ne cacherai pas qu’investir au Cameroun n’est guère une sinécure et que la corruption, l’incivisme comme la mal gouvernance constituent de sérieux handicaps. Faut-il pour autant se décourager ? Je ne le pense guère ; loin s’en faut ! »

Car, précise-t-il : « Le Cameroun reste potentiellement une terre d’attrait de l’investissement étranger en raison du poids encore faible des IDE au regard de son économie – 7% du PIB – et de ses perspectives intrinsèques de développement. Il existe donc des niches importantes, innovantes, d’investissement et de développement et vous, diaspora camerounaise de France, nous GICAM, travaillant de concert, nous devrions être à même de convaincre de très nombreux partenaires d’ici et d’ailleurs de parier sur la destination Cameroun ! »

Pour cela, il s’engage : « Nous nous attelons à Faire du GICAM la place forte, la « Maison de l’Entreprise » qu’on rend visible, respectable et respectée ! Mais si nous agissons local, nous pensons mondial. Et la diaspora camerounaise fait partie de ce mondial. C’est pour cela que nous venons à vous ! Car votre place est à nos côtés, où que vous soyez dans le monde et nous vous disons : ensemble nous pouvons tant de choses ! C’est pour concrétiser cette volonté d’être ensemble, dans une approche « main dans la main » que nous avons instruit que tout adhérent « Diaspora » puisse bénéficier de facilités particulières d’assistance logistique au sein de nos installations et de la gratuité d’une année de cotisation ».

Les atouts de l’implication de cette diaspora ne manquent pas, selon Célestin Tawamba : « La diaspora contribue déjà beaucoup à travers les transferts d’argent qu’elle effectue sur le Cameroun. Selon la société britannique WorldRemit, en 2015, les fonds transférés ont culminé à 1,2 milliards de dollars et la diaspora de France y a certainement contribué pour une large part. Nous savons aussi que notre diaspora est disposée à faire plus dans les investissements directs étrangers, mais qu’elle se heurte à un certain nombre de difficultés. Il nous revient donc de conjuguer ensemble nos efforts pour, entre autres, l’avènement d’un environnement propice au développement des affaires. Il est pour le moins paradoxal que la Côte d’Ivoire reste le pays d’Afrique noire francophone où les investisseurs se dirigent naturellement le plus, au détriment du Cameroun dont nous autres connaissons les énormes atouts… »

Voilà pourquoi il annonce que « Le GICAM est prêt à mettre en place des dispositifs qui vous aident à franchir des obstacles qui contrarient votre désir d’investir au Cameroun et qui permettent d’en réduire le nombre et la récurrence. Le GICAM peut, à titre d’exemple, mettre à disposition de la diaspora, dans une version commentée, les lois fixant les incitations à l’investissement privé qui s’appliquent aux opérations d’investissement (création, extension, renouvellement, réaménagement d’actifs et transformation d’activité). »

Contexte aidant, Célestin Tawamba a fait part d’une avancée notable dans la coopération inter-patronale : « Le président GATTAZ du MEDEF et moi avons signé ici à Paris, et pas plus tard qu’hier [mercredi 31 janvier, NDLR], un Memorandum of Understanding (MOU) liant le MEDEF et le GICAM, à l’effet de renforcer et de redéfinir les modalités de notre coopération patronale et dans lequel les deux organisations s’engagent, entre autres, à faciliter les relations avec les autorités de leurs pays respectifs ou communautés économiques. Notre but est que, pour les investisseurs locaux, nationaux ou étrangers, pour vous membres de la diaspora et pour les autres investisseurs potentiels, le Cameroun soit un Paradis d’Investissement et non un point noir de complexité administrative et fiscale. Cet objectif appelle une exigence : que le GICAM soit une force de proposition auprès et aux côtés des pouvoirs publics, des partenaires au développement et autres parties prenantes de la promotion de l’entreprise. Il en découle pour le GICAM en tant qu’organisation patronale et pour chacun de ses membres adhérents, une obligation de transparence et d’honnêteté, exigeant auprès de ses adhérents le respect d’une Charte d’éthique et de bonne gouvernance de l’entreprise. »

Comme exhortation finale, le président Tawamba a lancé un dernier appel tout en symbole : « Par le passé, nous avons raté plusieurs trains de l’histoire. C’était la faute de la conjonction de faits historiques plutôt que la nôtre. A nouveau, un autre train de l’histoire est sur les rails et nous n’aurons aucune excuse de le rater. Mon souhait est que nous travaillions ensemble, au-delà du rôle historique de la diaspora, celui de pourvoyeuse de fonds destinés à des besoins primaires comme l’alimentation, les soins, les vêtements. Que s’y ajoute la transformation d’une partie de ces importantes sommes en soutien à la création et au développement de l’entreprise et, par ricochet, à la richesse, aux emplois décents et à une plus grande autonomisation des populations dans la satisfaction des besoins. Je suis persuadé que nous sommes capables de relever ce défi et donc d’ouvrir une nouvelle ère de coopération entre le GICAM et la diaspora camerounaise des milieux d’affaires. »